Croire en cette jeunesse de Petit-Goâve malgré les résultats aux examens de 2025
On est consterné devant les résultats des examens officiels à Petit-Goâve. Certains parlent de désespoir dans la jeunesse. Pourtant, ce n’est pas si grave. J’ai échoué trois fois au bac. La quatrième, j’étais parmi les lauréats. Et c’est dans ce laps de temps que j’ai inventé l’ANA (Atelier des Apprentis Narrateurs). L’échec fait parfois éclore des projets.
Cette jeunesse n’a pas raté par manque d’intelligence mais parce qu’elle est motivée ailleurs : réseaux sociaux, musique, danse, fêtes. Paradoxalement, elle lit et écrit peut-être plus que la génération précédente, même si c’est sur Facebook ou WhatsApp. Elle grandit dans une société en crise de modèles, spirituels, intellectuels, économiques, politiques. Ce n’est pas elle qui est en faute, mais le système éducatif qui l’encadre.
J’ai vu pourtant des institutions créer des cadres favorables. Je suis de près l’évolution de plusieurs écoles de la commune. Mais, le Collège Marie Dominique, dirigé par M. et Mme Romel Augustin, est un cas hors du commun. Ils croient que l’école ne se limite pas à quatre murs. En 2012-2013, ils m’avaient invité à introduire mes ateliers de lecture au collège, tout comme le directeur Baptista l’avait fait au lycée Faustin Soulouque. Les résultats furent probants. Mais après le “coup d’Etat contre Baptista” (rire), mes propositions étaient jugées trop étranges. On préférait me confiner à enseigner le créole ou me rappeler que l’école devait d’abord servir l’Église.
Certaines institutions placent leur priorité dans les valeurs religieuses, d’autres dans les chiffres d’inscriptions ou dans le taux de réussite aux examens. Le Collège Marie Dominique, lui, mise sur la transformation intérieure de ses élèves. C’est une vision rare, mais précieuse.
Alors, ne dramatisons pas l’échec de cette jeunesse. Elle est belle, vivante, créative. Si elle échoue, c’est que son environnement ne lui ouvre pas assez d’horizons. Mais même cet environnement, il ne faut pas le blâmer : il est le fruit d’une histoire, d’un héritage. L’avenir, pourtant, peut se réinventer, avec un cadre qui croit en elle.
En ce momont ANA (Atelier des Apprentis Narrateurs) lance une campagne de candidature à son concours d’admission destiné à des enfants de 12 à 15 ans. Le Collège Marie Dominique est notre nouveau quartier général. Nous ne pouvons plus changer les résultats publiés. Mais ANA rejoins le Collège Marie Domnique pour accélérer et étendre son impact durable sur Petit-Goave et sur le Monde. Avez-vous déjà inscrit un enfant?
ANA, Littératurons !
Jacob JEAN-JACQUES
Paris, le 13 septembre 2025

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